Le temps finalement compte t’il vraiment ?

Photo Pacco Palnes

Le temps cet ennemi trop souvent nous prend par surprise. Il se calcule en année, en mois, en semaine, en heure. Quelques fois le temps se divise, se fragmente, alors il prend une toute autre forme se matérialisant en moments merveilleux.

Instant de grâce ou tout est mouvement, dans une atmosphère douce et sucrée, ou chaque détail est perçu comme un bien fait, comme un don divin.

Ce temps, bien souvent à juste titre perçu comme dévastateur, sans crier garde vous offre une fenêtre sur un moment hors du commun.

Les secondes deviennent alors des perles de rosée.

88 128 000 secondes d’intenses émotions.

88 128 000 secondes ou le temps s’écoule trop vite.

88 128 000 secondes dédiées, à focaliser son attention sur une seule et unique personne.

L’écouter, percevoir sur son visage l’émotion de son récit. Dans le timbre de sa voix la lassitude d’une situation trop longuement installée. Attentif à sa respiration durant son élocution, le débit des mots qui peuvent soit s’accélérer soit ralentir comme pour exprimer les moments d’un bonheur vécu, l’émotion, ou bien la souffrance latente.

L’écouter sans jugement, sans vouloir faire un parallèle avec une situation que l’on aurait pu vivre.

L’écouter dans un esprit d’empathie, accepter de se laisser pénétrer, comme une éponge qui absorberait un liquide renversé sur une table.

Lui octroyer des moments de calme, afin de détourner son esprit ne serait ce qu’un instant, en l’entourant d’attention.

Prendre soin de cet être cher, veiller à lui apporter par des gestes simples le réconfort dont elle a besoin.

photo Pacco Palnes

S’immerger dans l’eau jusqu’au torse, ouvrir ses bras afin qu’elle se glisse dans votre espace. Juste la maintenir sans chercher le contact. Lui faire sentir le soutien, juste le soutien, sentir son corps s’alourdir sur vos bras, regarder son sourire, savoir que cet instant ne durera pas.

La douceur dans laquelle elle s’enveloppe lui apporte le réconfort d’un instant, lire dans ces yeux la plénitude du moment, quelle plus belle récompense peux t’elle vous donner ?

Percevoir l’instant ou vous devez lui dire de partir. Rester fort afin de ne pas vouloir prolonger cet espace irréel qui vous est offert.

A cet instant précis, ou les adieux peuvent être perçus comme insurmontables, donner la possibilité à l’esprit de figer ces 88 128 000 secondes, permettant d’adoucir la déchirure de cette séparation.

Lorsque vous êtes enfin seul, sentir votre regard s’embrumer, ne pas retenir son émotion et s’apercevoir dans une demi-conscience que vos joues s’humidifient de vos larmes. Se laisser submerger par l’émotion afin de ne pas avoir le regret de ce départ toujours trop brutal.

A cet instant précis, vous percevez le don que vient de vous faire cet être précieux. Vous percevez la richesse de cette personne, et tout l’amour quelle vous porte.

Mon cœur, toi qui m’as porté durant ces 88 128 000 secondes. Toi qui m’as enveloppé de ton d’affection, de ton attention, de ton amour. Je voudrais te témoigner de ma gratitude pour ce don.  Certain, que je ne pourrais probablement jamais te rendre ce que tu m’as donné.

A toi, bien à toi mon Amie, ma confidente, ma douce, mon Ame.

Pacco Palnes